© Manon Ott & Grégory Cohen
En s’éloignant des grandes villes de la plaine centrale, les routes ponctuées de check-points, mènent dans les États Arakanais, Chin, Kachin, Shan, Môn, Karenni ou Karen. Une grande partie de ces régions reste interdite d’accès aux étrangers et classée « zones dangereuses » par la junte. L’histoire de la Birmanie est depuis longtemps tributaire d’une grande diversité ethnique et culturelle. Plusieurs régions périphériques sont encore le lieu de conflits armés, comme celui qui oppose l’armée birmane et les rebelles karens. Ces derniers se battent depuis près de 60 ans dans l’espoir de libérer leur peuple du joug de l’armée birmane et continuent de s’accrocher au rêve de construire un Etat indépendant, Kaw Thoo Lei. Toutefois, les civils sont les premières victimes de ces conflits. La junte militaire birmane essaye d’assoire sa légitimité en s’affichant comme seule garante du maintien de l’ordre et de l’unité du pays. Ses tentatives d’acculturation vont de pair avec la persécution des minorités ethniques et religieuses. Les mesures répressives que la junte emploie contre les minorités qui résistent au processus de birmanisation sont donc relayées par une propagande construite autour d’une idéologie d’ « unité nationale ». Au nom de celle-ci, la langue et la culture birmane sont imposées par la force. Le travail forcé est encore couramment utilisé pour réaménager les routes et d’autres infrastructures.
Lorsqu’un changement de régime s’opérera en Birmanie, la question de l’entente entre les différentes minorités ethniques, constituera un enjeu majeur.
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