© Manon Ott & Grégory Cohen
De grands panneaux rouges se fondent dans les décors urbains. L’armée y a fait inscrire la volonté du peuple birman. Ces phrases surprenantes réapparaissent en première page de chaque publication, avant la projection d’un film et dans les journaux. Aucune parution n’échappe à l’obligation de les mentionner. Derrière le décor féerique du « pays aux milles pagodes » se cache une réalité plus sinistre, une atmosphère pesante comme celle des nuits qui s’emparent de la ville.
Dans la rue, les positions des corps au travail, celles de corps assoupis, en errance, expriment autre chose. Peut-être racontent-ils en silence ce que d’autres osent murmurer à l’oreille d’un étranger qui s’attarde un peu.
La situation économique s’empire d’année en année. L’écart se fait de plus en plus grand entre le niveau de vie de la majorité de la population et celui des membres de l’armée et de leurs proches.
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